La pollution plastique peut causer des malformations chez les oursins -Ecologie, science


Des malformations chez les oursins définitivement par la pollution plastique

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Des scientifiques ont conduit une nouvelle étude sur l’impact de la pollution plastique sur le développement de certains oursins. Ils ont vérifié que les substances chimiques issues du plastique peuvent causer différentes malformations chez les invertébrés.

La pollution plastique est devenu un problème écologique d’ampleur mondial. Selon les estimations avancées par les études, quelque huit millions de tonnes de macroplastiques et 1,5 million de tonnes de microplastiques terminent leur cours chaque année dans les océans. Une tendance qui est loin de s’inverser.

Des recherches parues en 2020 ont estimé que ces potentiels pourraient tripler d’ici 2040 si rien n’est fait pour enrayer le phénomène. Et les conséquences sont loin d’être négligeables pour les océaniques et leurs habitants. Une récente étude publiée dans la revue Pollution environnementale vient encore une fois le confirmer.

Menés par une équipe internationale de chercheurs, ces travaux se sont intéressés à l’impact des microplastiques sur une espèce très commune d’oursin de mer appelée Paracentrotus lividus. Les résultats ont montré que cette pollution peut engendrer des anomalies de développement chez ces invertébrés.

Plus que le plastique en lui-même, ce sont les substances chimiques présentes sur les particules et libérées dans l’eau qui serait à l’origine de ces malformations. « Nous en apprenons de plus en plus sur la façon dont l’ingestion de plastique affecte les animaux marins», a expliqué Flora Rendell-Bhatti, première auteure de l’étude.

« Cependant, on en sait peu sur les effets de l’exposition aux substances chimiques libérées dans l’eau par les particules plastique« , a poursuivi dans un communiqué ce spécialiste du Centre d’écologie et de conservation de l’Université d’Exeter.

Malformations du squelette et du système nerveux

Les chercheurs ont réalisé leurs travaux à partir de différents types de granulés: des granulés industriels utilisés pour la production de plastique avec ou sans additifs chimiques ainsi que des résidus découverts échoués sur la plage de Tregantle en Cornouailles au sud-ouest de l’Angleterre.

Chaque type de plastique a été plongé pendant 72 heures dans l’eau de mer avant d’être retiré. Des embryons et des larves d’oursins de mer ont ensuite été présentés dans cette même eau. Après 48 heures, les scientifiques ont vérifié de diverses anomalies chez les invertébrés.

De nombreuses larves ont montré une malformation du squelette, prenant un aspect de bulle ronde plutôt que la forme habituelle ressemblant à une tour Eiffel. Des anomalies sont également apparues au niveau du système nerveux. En revanche, aucun défaut n’a été constaté sur les oursins avec les granulés vierges.






© Fournis par GEO



Comparaison entre la forme habituelle d’une larve d’oursin et la forme déformée obtenue après développement dans une eau contaminée au plastique. © Eva Jimenez-Guri

D’après les scientifiques, ceci nécessite que les conséquences observées dans les échantillons sont proposés par les additifs industriels et les contaminants et non pas le plastique en lui-même.

Des PCB, PAH et phtalates détectés dans l’eau

L’examen des granulés échoués sur la plage a révélé la présence en grande concentration de polychlorobiphényles (PCB) et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Autrefois très utilisé, les PCB sont aujourd’hui reconnus comme toxiques et sont interdits dans de nombreux pays. Mais ils persistent élargissement dans l’environnement.

Les PAH quant à eux, sont issues de la combustion du charbon, du pétrole, du bois. Ils sont très présents dans l’environnement, notamment dans l’eau et dans l’air, et plusieurs d’entre eux sont comme toxiques et cancérogènes probables. Les mêmes substances sont apparues dans les granulés industriels mais en quantité inférieure.

Les chercheurs avancent que les anomalies détectées pourraient être liées à la présence additifs tels que les phtalates. « De nombreux plastiques sont traités avec des substances chimiques dans une variété d’objectifs tels que les rendre malléables ou peu inflammables», a décrypté le Dr Eva Jimenez-Guri, co-auteure de l’étude.

« Si de tels plastiques aboutissent dans les océans, ces substances peuvent fuir dans l’eau. Les plastiques peuvent aussi capter et transporter des polluants chimiques et environnementaux, en les diffusant potentiellement à travers les océans« , a-t-elle continué.

Une menace de plus pour les oursins

Il est difficile d’étudier les conséquences de la pollution chimique sur les oursins sauvages. Dans l’étude, la majorité des malformations se sont toutefois avérées fatales pour les invertébrés en développement. Une conclusion qui laisse penser que la contamination pourrait impacter les populations de Paracentrotus lividus.






© Fournis par GEO



Si les recherches ont été envisagées en laboratoire, le phénomène pourrait menacer les populations sauvages d’oursins, d’après les scientifiques. © Frédéric Ducarme / CC BY-SA 3.0

« Nos résultats démontrent que ces substances chimiques s’échappent des particules plastiques dans l’environnement, même à de faibles concentrations, et que ceci produit de graves anomalies de développement chez les oursins, et indique des effets néfastes évidents et spécifiques de cette pollution sur le développement animal« , écrivent les auteurs.

Les oursins sont sensibles aux changements qui affectent leur habitat. Ou, plusieurs régions enregistrent un déclin des populations de ces animaux marins qui sont élargis pêchés et consommés. « Malheureusement, plusieurs facteurs favorisent ce déclin« , a précisé le Dr. Eva Jimenez-Guri au placer Mongabay.

« Le changement climatique joue sans aucun doute un rôle. Mais la contamination plastique pourrait aussi être l’un des hommes« , a-t-elle assuré. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour étudier les substances associées aux résidus plastiques et leurs effets sur la faune marine.

D’après les scientifiques, cependant, ces conclusions visent d’ores et déjà en lumière de trouver des alternatives pour remplacer les additifs actuellement utilisés, de même que de réduire de façon globale cette pollution marine.

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