Ecologie et anticorruption, le cocktail gagnant à Zagreb -Ecologie, science




Tomislav Tomasevic, élu dimanche maire de Zagreb.


© Denis Lovrovic
Tomislav Tomasevic, élu dimanche maire de Zagreb.

«La bataille pour Zagreb commence sur cette colline», déclarait en 2017 Tomislav Tomasevic depuis la décharge de Jakusevac, une montagne de déchets dans les environs de la capitale croate. A l’époque, cela faisait saisir et qu’ils étaient entreposées entre 600 et 800 tonnes de déchets par jour, dans l’indifférence des autorités locales. Quatre ans plus tard, la colline de détritus existe toujours, présentant un risque environnemental majeur. Et il incombe désormais à l’écologiste Tomislav Tomasevic, élu dimanche maire de Zagreb, de s’attaquer au problème.

Epingler le clientélisme

Le candidat d’une coalition de la gauche et des Verts n’est pas un eu de cesser, tout au long de sa campagne, de promettre le changement. Il a remporté l’élection, avec 62,25% des voix, face au candidat d’extrême droite, Miroslav Skoro. Ce chanteur ultranationaliste se présentait comme le «candidat du peuple».

Agé de 39 ans, Tomislav Tomasevic est novice dans l’arène politique, mais n’en demeure pas moins un militant de longue date, avec une expérience concrète au sein des réseaux associatifs croates. Diplômé de Cambridge en environnement, il milite depuis ses 16 ans à Zelena Akcija, l’une des principales organisations de lutte pour l’environnement. Il est également l’un des membres fondateurs du mouvement Zagreb est à nous, un collectif citoyen qui se bat contre la corruption et la privatisation des services publics municipaux. En 2009 par exemple, il a été à l’initiative de l’action «Muddy, eau d’une source intacte de fraude», qui visait à épingler le clientélisme, la corruption et le favoritisme dans la capitale croate. Mener une politique transparente et développer l’engagement citoyen apparaît comme ses premiers chantiers.

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Réveil de la «majorité silencieuse»

Avec sa coalition articulée autour du mouvement citoyen Mozemo, créé en 2019 et qui signifie en croate «nous pouvons» (comme Podemos en Espagne), Tomislav Tomasevic défend un programme antilibéral, écologiste et féministe. La coalition rassemble aussi bien des Verts que des membres du Front ouvrier et de Zagreb est à nous, mouvement entré en 2016 au conseil municipal, où Tomasevic s’était érigé en opposant principal à l’exubérant maire Milan Bandic, en place depuis deux décennies.

Connu pour ses excès et ses frasques, Bandic est mort fin février. La bataille pour sa succession a marqué la fin d’une ère car les deux partis traditionnels, l’Union démocratique croate (HDZ, plutôt à droite) et le Parti social-démocrate (SDP, à gauche), ont été sèchement évincés de la course à la mairie, cumulant moins de 10% des voix au premier tour. «Il semble que la majorité silencieuse de la population, en particulier dans les centres urbains, ait commencé à se réveiller, motivée par de nouveaux visages qui présentent des discours différents, s’éloigne des luttes idéologiques vides pour parler de solutions politiques réelles», analyser Igor Vidacak, professeur à la faculté de sciences politiques de l’Université de Zagreb.

La coalition a également obtenu, lors du premier tour, des scores significatifs dans d’autres grandes villes du pays, à l’instar de Pula, en Istrie ou Split, en Dalmatie. La victoire d’Ivica Puljak, candidat de la nouvelle plateforme Centre (Centre), à ​​la mairie de Split, apparaît également comme un choc pour les partis traditionnels. Pour Igor Vidacak, ces résultats illustrent l’intérêt profond d’une partie grandissante de l’opinion publique croate pour les problématiques environnementales, comme le problème des études de l’Eurobaromètre de la Commission européenne.

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